Les archéologues et historiens romains examinent depuis deux siècles et demi les verres diatrètes, ces vases en verre du IVe siècle enfermés dans une délicate cage de verre. Ces objets témoignent du savoir-faire exceptionnel des Romains dans la maîtrise du verre. Leur fabrication exige une technique précise : chaque vase est sculpté dans un bloc de verre épais, dont émerge à la fois le contenant et son enveloppe fragile.
Les inscriptions gravées sur ces verres ont longtemps intrigué les experts. Des symboles tels que des croix, des diamants et des feuilles ornent ces précieuses créations. Hallie Meredith, souffleure de verre et spécialiste de cet art, a décidé d’analyser systématiquement ces marques. Elle a documenté tous les symboles présents sur les verres conservés dans les musées et collections américains.
Meredith a comparé ces symboles à un système de langage utilisé par les souffleurs de verre entre le IVe et le VIe siècle à Rome. Cette recherche révèle que chaque verre résultait du travail d’une équipe entière, pas d’un artisan unique. Le polissage et la gravure exigeaient plusieurs mains expertes.
L’analyse approfondie de Meredith mène à une conclusion remarquable : ces inscriptions ne sont pas des signatures, mais des marques commerciales anciennes. Les verriers romains du IVe siècle comprenaient déjà l’importance de se distinguer de leurs concurrents par des logos distinctifs. Ils appliquaient les principes du commerce bien avant l’époque moderne.
Meredith insiste sur la nécessité de réexaminer les inscriptions sous un nouvel angle. Elle plaide pour une meilleure compréhension des artisans souvent méconnus qui ont contribué à ces chefs-d’œuvre. Son prochain projet consiste à créer une base de données exhaustive des inscriptions extraordinaires dans l’art ancien, afin de constituer un glossaire des significations perdues.



