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La modification de la lumière solaire présente des défis scientifiques bien plus complexes que ne l’imaginaient initialement les chercheurs

Aliou Sembène

Face à l’insuffisance des réductions d’émissions de gaz à effet de serre, les récentes conférences climatiques se tournent vers des solutions technologiques controversées. Ces approches trouvent un soutien particulier auprès des nations productrices d’énergie fossile, qui les privilégient à la modification des modes de vie. La COP 30, qui se déroule à Belém au Brésil jusqu’au 21 novembre, reflète cette tendance croissante.

La modification du rayonnement solaire représente une approche géo-ingénierie visant à réfléchir les rayons solaires vers l’espace pour atténuer le réchauffement climatique. Deux techniques principales existent : éclaircir les nuages marins en pulvérisant de l’eau de mer pour augmenter leur réflectivité, ou injecter des aérosols dans la stratosphère pour créer une couche réfléchissante. Puisque la Terre réfléchit naturellement 30 % de la lumière reçue, augmenter ce pourcentage réduirait théoriquement les températures mondiales.

Un rapport récent de la Royal Society de Londres soulève des préoccupations majeures concernant cette technologie. Les aérosols utilisés possèdent une durée de vie atmosphérique courte, nécessitant un réapprovisionnement constant pour maintenir l’effet refroidissant. Si le déploiement était interrompu, le climat reviendrait à son état antérieur en une à deux décennies. De plus, des incertitudes importantes persistent quant à l’ampleur réelle du refroidissement obtenu lors d’un déploiement mondial.

Cette approche ne traite pas les causes fondamentales du changement climatique, notamment l’acidification océanique causée par l’augmentation du dioxyde de carbone. Plus préoccupant encore, la modification du rayonnement solaire pourrait exacerber certains changements climatiques régionaux, notamment les modifications des régimes de précipitations, sans qu’on puisse prédire quelles régions seraient affectées négativement.

Bien que la technique puisse théoriquement limiter les vagues de chaleur, les incendies de forêt et ralentir la montée des mers, elle demeure un simple palliatif. La Royal Society conclut que cette solution ne peut être qu’un supplément, jamais une réponse définitive au problème climatique. Elle masque une partie du réchauffement sans résoudre ses origines profondes.

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