Santé

La science explique enfin pourquoi les hommes souffrent deux fois plus souvent de la maladie de Parkinson

Romain Mazzotti

La maladie de Parkinson affecte plus de 10 millions de personnes à l’échelle mondiale. Les hommes présentent un risque presque double de développer cette pathologie neurodégénérative comparé aux femmes. Une étude publiée fin 2024 dans le Journal of Clinical Investigation propose une explication : le système immunitaire masculin réagit plus agressivement à la protéine PINK1, essentielle au fonctionnement cérébral.

Des chercheurs de l’Institut d’immunologie de La Jolla en Californie ont identifié le mécanisme sous-jacent. Chez les patients parkinsoniens, les lymphocytes T, cellules du système immunitaire, s’attaquent à la protéine PINK1. Cette protéine contrôle normalement la régulation énergétique des cellules cérébrales. Le système immunitaire la confond avec un agent pathogène et déclenche une réaction destructrice contre les neurones.

Les données révèlent des disparités marquées entre les sexes. Chez les hommes atteints de Parkinson, les cellules immunitaires ciblant PINK1 sont six fois plus abondantes que chez les sujets sains. Chez les femmes malades, cette augmentation demeure mineure, soit 0,7 fois. Bien que cette différence immunologique ne soit pas l’unique facteur explicatif, elle constitue probablement un élément déterminant dans la progression masculine de la maladie.

Cette découverte ouvre des perspectives diagnostiques novatrices. Un test sanguin simple pourrait identifier ces cellules immunitaires spécifiques bien avant l’apparition des manifestations cliniques. Actuellement, le diagnostic intervient tardivement lorsque les dommages neuronaux sont déjà importants. Un dépistage précoce permettrait d’intervenir avant la destruction majeure et de ralentir l’évolution pathologique.

De nouveaux traitements ciblant directement la réponse immunitaire deviennent envisageables. Les immunologues envisagent de développer des thérapies bloquant ces cellules T maintenant que le mécanisme est compris. Cette approche thérapeutique pourrait transformer la gestion de Parkinson en s’adressant aux causes fondamentales plutôt qu’aux seuls symptômes observables.

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