Espace

Les astronomes ont détecté qu’une étoile voisine émet des éruptions suffisamment puissantes pour dépouiller une planète de son atmosphère

Esteban Ortega

Les naines rouges constituent environ 80 % des étoiles de la Voie lactée et vivent des dizaines à des centaines de milliards d’années. Ces astres faiblement lumineux représentent des candidats privilégiés pour accueillir des formes de vie extraterrestre, particulièrement dans les amas globulaires où se trouvent les plus anciennes étoiles de notre galaxie.

Cependant, les naines rouges jeunes et en rotation rapide présentent des variations de luminosité indiquant des tempêtes magnétiques violentes. Elles produisent des éjections de masse coronale accompagnées de rayonnements ionisants intenses dans les domaines ultraviolet et des rayons X. Ces phénomènes extrêmes pourraient éroder considérablement les atmosphères des exoplanètes potentiellement habitables, compromettant le développement de la vie basée sur l’ADN.

Cette réalité soulève une question fondamentale : la Terre serait-elle exceptionnellement rare dans l’univers observable ? Pourtant, notre Soleil, bien que naine jaune, a connu des crises magnétiques violentes durant sa jeunesse. Malgré ces tempêtes anciennes, notre planète possède une atmosphère et héberge la vie depuis au moins 3 milliards d’années.

Une équipe internationale d’astronomes a observé pour la première fois une éjection de masse coronale stellaire exploitable scientifiquement. Utilisant l’observatoire spatial XMM-Newton et le réseau de radiotélescopes Lofar, comprenant plus de 50 000 antennes réparties en Europe, les chercheurs ont détecté une éruption au moins 10 000 fois plus violente que les tempêtes solaires connues. Cet événement provient d’une naine rouge située à environ 133 années-lumière, possédant une masse moindre mais une rotation 20 fois plus rapide et un champ magnétique 300 fois plus intense.

L’éjection de masse a généré une onde de choc produisant des ondes radio avec une signature distinctive, confirmant sans ambiguïté le phénomène. Les chercheurs ont établi que cette éruption aurait suffi à arracher l’atmosphère complète d’une planète située sur sa trajectoire. Cette première détection inaugure un nouveau domaine d’études : la météorologie spatiale des systèmes stellaires extérieurs.

La découverte combine les données complémentaires de deux instruments essentiels. Lofar a détecté les ondes radio caractéristiques, tandis que XMM-Newton a déterminé la température, la rotation et la luminosité de l’étoile en rayons X. Cette synergie instrumentale a permis de comprendre le mouvement et le contexte de l’éjection. Les futurs observatoires, notamment le Square Kilometre Array, permettront d’identifier d’autres éruptions similaires et de mieux comprendre leur influence sur l’habitabilité des exoplanètes.

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