
La faille de Tintina accumule des tensions depuis 12 000 ans sans trembler. Cette faille géante, s’étendant sur environ 1 000 kilomètres du nord-est de la Colombie-Britannique jusqu’en Alaska, demeure silencieuse depuis la fin de la dernière période glaciaire. Les géologues de l’Université de Victoria ont utilisé la technologie LIDAR pour analyser le terrain et découvrir cette accumulation de contraintes inexpliquée depuis si longtemps.
Les données révèlent un pattern inquiétant d’activité tectonique ancienne. Deux périodes majeures de séismes ont provoqué des déplacements importants : l’une il y a 2,6 millions d’années et l’autre il y a environ 132 000 ans. Depuis le développement des instruments de mesure, seuls de petits séismes de magnitude 3 à 4 ont été enregistrés sur cette faille. Cette absence d’activité significative contraste fortement avec l’histoire géologique plus ancienne du site.
L’accumulation de pression s’effectue à un rythme constant et préoccupant. La faille accumule une pression estimée entre 0,2 et 0,8 millimètre par année. Selon les chercheurs, cet accroissement régulier des tensions suggère un tremblement de terre majeur d’une magnitude d’au moins 7,5 sur l’échelle de Richter pourrait survenir. Cette prédiction s’appuie sur l’étude publiée en juillet 2025 dans la revue Geophysical Research Letters.
La région peu peuplée réduit les risques de pertes humaines massives. Bien que l’ampleur potentielle d’un séisme soit comparable à celui qui a touché la Birmanie en mars 2025, le faible peuplement de la zone concernée limite les conséquences humaines. Néanmoins, ce risque sismique majeur n’a jamais été formellement reconnu auparavant, justifiant une attention scientifique renouvelée.
Des investigations géologiques approfondies s’avèrent essentielles pour l’avenir. Les chercheurs appellent à poursuivre les études paléosismologiques afin de déterminer les intervalles de récurrence entre les tremblements anciens et d’évaluer si les taux de glissement ont changé. Ces nouvelles recherches permettront de découvrir des traces de séismes préhistoriques dans les paysages canadiens et d’éventuellement réviser les modèles de risque sismique du Yukon et de l’Alaska.



