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Les clous de girofle menacés de disparition en raison du changement climatique

Romain Mazzotti

Le clou de girofle, épice prisée, est produit en abondance en Indonésie, notamment sur l’île de Ternate. Cependant, les changements climatiques actuels rendent les récoltes incertaines. Jauhar Mahmud, cultivateur local, exprime son inquiétude face à l’imprévisibilité des précipitations qui affectent sa production.

Selon Jauhar, les pluies abondantes compliquent la récolte, malgré leur rôle bénéfique dans la plantation. Il déclare : “Aujourd’hui, les précipitations sont abondantes. Elles sont bonnes pour planter, mais cela rend la récolte incertaine. C’est souvent imprévisible.” Les températures et l’humidité sont essentielles pour préserver le goût et le parfum du clou de girofle.

En période favorable, les 150 arbres de Jauhar peuvent produire jusqu’à 30 kilos de clous de girofle, une épice lucrative utilisée dans divers domaines. Cependant, les prix varient considérablement, allant de 4,65 à 6,50 euros le kilo, influencés par la météo. “En fait, nous perdons de l’argent”, déclare-t-il.

Historiquement, Ternate a été le théâtre de luttes de pouvoir entre les puissances coloniales pour le contrôle du commerce du clou de girofle. Aujourd’hui, les producteurs locaux, confrontés à une baisse des récoltes, doivent souvent se tourner vers d’autres activités pour subvenir à leurs besoins, comme vendre des boissons épicées.

La production indonésienne de clous de girofle a connu une baisse de rendement notable ces dernières années. L’Indonésie a perdu sa première place mondiale d’exportateur au profit de Madagascar. Le climat changeant, notamment le réchauffement, a modifié les conditions nécessaires à la croissance optimale des girofliers.

Les producteurs notent un climat globalement plus sec, avec des pluies destructrices pour les fleurs. Lakina, une cultivatrice, observe qu’elle ne peut plus remplir autant de sacs qu’auparavant. Imba, une autre productrice, constate qu’il faut désormais plus de temps pour sécher les clous de girofle après récolte.

Des recherches menées par l’Université de Pattimura ont confirmé la diminution des rendements due à des phénomènes météorologiques extrêmes. Arie Rompas, de Greenpeace, souligne la vulnérabilité des communautés côtières aux changements climatiques. Le négociant Rumen The déplore également l’impact des conditions climatiques sur la récolte et les prix.

Jauhar Mahmud appelle les pays consommateurs d’épices à prendre conscience des enjeux climatiques. Il souligne : “Je demande aux pays amateurs d’épices de réfléchir aux problèmes climatiques mondiaux. Sans cette richesse naturelle (…) les pays occidentaux n’en profiteraient pas.” Une réflexion commune est nécessaire face à ce défi global.

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