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L’Organisation météorologique mondiale prévoit que 2025 pourrait dépasser 2024 comme année la plus chaude

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Dans son dernier rapport, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) met en lumière une dynamique climatique préoccupante. Selon l’agence onusienne, l’année 2025 s’annonce comme l’une des plus chaudes jamais observées, se positionnant immédiatement derrière 2024 dans la hiérarchie des records thermiques. Cette tendance confirme l’accélération du réchauffement global sur la décennie écoulée.

De 2015 à 2025, chaque année aura été, individuellement, la plus chaude depuis le début des relevés il y a 176 ans. L’OMM insiste : « Les trois dernières années sont les plus chaudes jamais enregistrées ». La température moyenne de surface mesurée entre janvier et août 2025 dépasse de 1,42°C (±0,12°C) la référence préindustrielle, contre 1,55°C (±0,13°C) en 2024. Cette hausse s’inscrit dans une dynamique persistante, malgré la neutralisation du phénomène El Niño cette année.

La transition vers des conditions climatiques plus neutres n’a pas suffi à freiner l’augmentation des températures. L’OMM note également que « les concentrations de gaz à effet de serre et la chaleur des océans, toutes deux à des niveaux records en 2024, poursuivent leur progression en 2025 ». Ce constat est corroboré par le Programme des Nations unies pour l’Environnement (PNUE), qui relève une augmentation de 2,3 % des émissions mondiales l’an passé, principalement due à la croissance observée en Inde, Chine, Russie et Indonésie.

Émissions de gaz à effet de serre et objectifs de l’Accord de Paris

Les émissions mondiales ont atteint 57,7 milliards de tonnes d’équivalent CO₂ en 2024, un niveau incompatible avec les engagements de l’Accord de Paris. Le PNUE rappelle la nécessité d’une réduction drastique pour espérer contenir la hausse des températures. Les chefs d’État, réunis sous l’égide du président brésilien Lula avant la COP30, devront définir des mesures urgentes pour respecter l’objectif de limitation à 1,5°C.

L’Accord de Paris vise à maintenir l’augmentation de la température moyenne mondiale « bien en dessous » de 2°C, et si possible à 1,5°C par rapport à l’ère préindustrielle. Or, selon Celeste Saulo, secrétaire générale de l’OMM : « Cette vague de chaleur sans précédent, conjuguée à l’augmentation record des émissions de gaz à effet de serre l’an dernier, démontre clairement qu’il sera pratiquement impossible de limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C dans les prochaines années sans dépasser temporairement cet objectif ».

Elle nuance toutefois : « Mais les données scientifiques sont tout aussi claires : il est encore parfaitement possible et essentiel de ramener les températures à 1,5 °C d’ici la fin du siècle ». Ko Barrett, secrétaire générale adjointe de l’OMM, insiste : « La voie à suivre doit être guidée par la science, renforcée par la coopération et mesurée par les actions que nous entreprenons ».

Adaptation, alertes précoces et vulnérabilités climatiques

Chris Hewitt, responsable des services climatologiques de l’OMM, souligne l’incertitude persistante : « Nous ignorons encore quand et pour combien de temps le réchauffement climatique restera supérieur à 1,5 degré, et cela dépend fortement des décisions prises dès maintenant […] C’est l’un des grands défis de la COP 30 ». Malgré ce contexte, l’OMM salue le doublement du nombre de pays dotés de systèmes d’alerte précoce multirisques, passés de 56 à 119 en 2024.

Le rapport met également en avant le rôle croissant des services météorologiques et hydrologiques nationaux dans les stratégies d’adaptation. Selon l’OMM, « les plans d’action climatique reconnaissent de plus en plus l’importance des services climatiques, tels que les prévisions saisonnières », pour des secteurs stratégiques comme l’agriculture, l’eau, la santé et l’énergie. Pourtant, 40 % des pays restent dépourvus de tels dispositifs, ce qui nécessite, selon l’organisation, des « mesures urgentes » pour combler ces lacunes.

Fonte des glaces, élévation du niveau de la mer et impacts océaniques

La montée du niveau des mers, alimentée par la dilatation thermique des océans et la fonte des glaciers, suscite une inquiétude croissante. « La tendance à long terme à l’élévation du niveau de la mer s’est poursuivie malgré une légère fluctuation temporaire due à des facteurs naturels », précise le rapport. En 2025, l’étendue de la banquise arctique après l’hiver a atteint son niveau le plus bas jamais mesuré, tandis que la banquise antarctique est restée bien en deçà de la moyenne tout au long de l’année, selon l’OMM.

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